Recevez les offres d'emploi qui vous correspondent par mail !

Créez une alerte e-mail

15 000 recruteurs attendent de consulter votre CV

Déposez votre CV

Mais qui a peur du télétravail ?

La France est à la traîne en matière de télétravail : les pays scandinaves et anglo-saxons comptent déjà deux à trois fois plus de télétravailleurs que dans l'Hexagone. Pourquoi un tel écart ?

« Les freins au télétravail sont de trois ordres : culturels, managériaux, et techniques », avance David Klajman, directeur des opérations chez Easycare. Pourtant, il est est convaincu que le télétravail est la voie de l'avenir. L'entreprise pour laquelle il travaille est un centre de contacts dont les 200 agents sont tous des télétravailleurs à temps plein. Quant aux cadres, ils pratiquent le télétravail alterné. À ses yeux, la conception du travail va forcément évoluer dans les années à venir : problèmes de transports et habitations de plus en plus éloignées des centres-villes obligent...


Le fantasme du contrôle

Sauf que certaines choses prennent du temps. Bien sûr, il y a l'effort du changement : repenser l'organisation, repenser l'espace de travail... c'est du boulot. Mais il y a aussi la maladie, bien française, du présentiel. « En France, on a une culture des moyens, alors qu'aux États-Unis on a une culture du résultat, souligne David Klajman. Donc on est mal à l'aise lorsqu'on ne peut mesurer l'activité de ses salariés. Et puis le manager ne veut pas se sentir dépossédé de ses troupes. » Une question de confiance donc ? « Bien souvent, c'est le N + 1 qui fait de la résistance au télétravail, renchérit Denis Bérard, chargé de mission au département Changement technologique et organisationnel de l'Anact[1]. En France, on est persuadé que manager c'est contrôler, alors on se demande : comment contrôler à distance ? Reste que, le plus souvent, il ne s'agit que d'un "fantasme de contrôle". À moins de se poster derrière ses collaborateurs pour surveiller tout ce qu'ils font sur leur écran, il n'existe en réalité aucun contrôle. »


Une technologie adaptée au télétravail

Le télétravail exige en revanche une excellente maîtrise des technologies adaptées aux échanges à distance, ce qui n'est pas à la portée de tous. « Nous nous servons quotidiennement de plusieurs outils collaboratifs, permettant le partage de documents ou des interactions sur ces derniers en temps réel. Il ne faut pas sous-estimer ces aspects techniques, ni les besoins en formation qui en découlent », prévient M. Klajman.

Enfin, l'absence de plan gouvernemental ne favorise pas, elle non plus, le développement du télétravail : « il n'existe à ce jour aucun dispositif incitatif en direction des employeurs », constate Denis Bérard. Les pistes éventuelles : avantage fiscal, ou baisse des cotisations pour les accidents du travail par exemple (car moins de trajets = moins d'accidents). Pour en savoir plus sur les travaux de réflexion en cours, vous pouvez consulter le compte-rendu du colloque sur le télétravail qui s'est tenu le 9 juin au sénat, en présence de Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État chargée de la prospective et du développement de l'Économie numérique.

 

Priscilla Franken © Cadremploi - Juin 2010

 

 


Vos réactions, vos témoignages : jeteletravaille@cadremploi.fr

 

 


[1] Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail