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Jean Magne : "Le télétravail oublie la dimension humaine"

De : Jean Magne
Envoyé : vendredi 25 juin 2010 21:21
À : Cadremploi
Objet : Remarques sur le télétravail

 

Dans la vie, il paraît nécessaire de bien séparer les choses, à savoir vie professionnelle et vie privée : en effet, la vie privée est un temps de décompression fait pour se reposer, se changer les idées, et consacrer du temps à ceux que l'on aime (famille, amis, clubs, etc...). Cette décompression est un gage d'efficacité lorsque la période de travail reprend, en particulier parce qu'elle permet de prendre du recul et de relativiser l'importance des soucis du travail. Un seul cas peut justifier l'interférence entre vie privée et vie professionnelle : les cas d'urgence (s'agissant de sauver des vies humaines, porter secours, réagir à des accidents...).

Hormis ces cas d'urgence ou d'intervention, que l'on pourrait appeler télétravail parce qu'il s'agit de projeter des agents à distance de leur lieu de permanence, le temps de travail peut grossièrement se partager en deux :

  1. celui que l'on fait en équipe,
  2. celui que l'on fait seul et qui permet une plus grande autonomie.

Dans le premier cas, le télétravail peut alors prendre la forme d'une téléconférence dont le but est de mettre des idées en commun et de prendre des décisions. Il est alors sain de programmer ces conférences dans des créneaux d'heures ouvrables (sauf, encore une fois, lorsqu'il s'agit de réagir à des situations d'urgence ou de crise).
Dans le deuxième cas, ce peut être un travail normal, de réflexion principalement, qui peut donc théoriquement être fait n'importe où, et dont le résultat sera transmis à distance vers ses destinataires. Mais le travailleur indépendant, qui peut alors se permettre de mener sa réflexion quand il veut, ne devrait pas exiger de réaction de ses destinataires en dehors d'heures convenues (les destinataires ont leur vie privée eux aussi).

Le télétravail, dans ces conditions, peut donner une illusion d'indépendance et d'autonomie. Est-ce le cas, cependant ? Un télétravailleur peut-il réellement donner des ordres de loin sans s'assurer qu'ils sont compris ? Peut-il agir indépendamment sans demander l'autorisation d'une instance supérieure qui pourra lui reprocher de ne pas l'avoir fait, compte tenu de la facilité des moyens de transmission ? Dans ce cas, n'y a-t-il pas déresponsabilisation ?

D'autre part, le télétravail est-il aussi efficace que lorsqu'il y a contact humain, quand un regard, un soupir, un sourire en disent souvent bien plus long qu'un message électronique ? Chacun a expérimenté les non-dits dans son entourage. Et le discret encouragement du collègue de bureau qui vient vous saluer n'est-il pas plus stimulant que la solitude du télétravail sur sa propre table de salon ?

En conclusion, si le télétravail offre une souplesse indéniable, il oublie cependant la dimension humaine que nous recherchons tous dans le véritable travail d'équipe et qui ne passe que par la rencontre dans un même lieu et dans un même but.

 

 


Réagir à ce commentaire : jeteletravaille@cadremploi.fr